Il en faudrait plus pour consoler tous les chômeurs, les salariés en situation de précarité, et les employés de Ford qui s’interrogent sur leur avenir. Mais l’économie girondine a continué à donner en 2006, et dans une moindre mesure en 2007, des signes de bonne santé.
L’indicateur le plus marquant concerne l’emploi. Si l’on se réfère au champ Assedic (hors secteur public et fonction publique), le nombre de salariés a crû de quelque 9900 (+2,9 %) en 2006. Cette progression a été près de deux fois supérieure à la moyenne nationale. Elle a été la plus forte depuis l’année 2000, qui avait été extrêmement faste sur ce plan, puisque 16 900 emplois avaient été créés en Gironde. Mais le chiffre était retombé à 8800 en 2001, et il s’était toujours maintenu depuis lors à ce niveau, la Gironde perdant même 1300 emplois lors du funeste millésime 2003. Le redressement progressif observé depuis lors à l’échelle nationale s’est manifesté de façon beaucoup plus nette en Gironde. L’an dernier, notre département s’est inscrit au septième rang français derrière la Haute-Garonne (maillot jaune), la Seine-et-Marne, l’Hérault, la Seine-Saint-Denis, la Charente-Maritime et l’Aude.
Cette appréciation très positive doit cependant être nuancée sur deux points : la croissance de l’emploi en 2006 n’a pas concerné tous les secteurs. Si la construction (+ 1900 emplois) et les services aux entreprises (+ 4500) ont continué de créer des postes à tour de bras, la quasi- totalité des branches industrielles en ont perdu, à commencer par l’automobile (- 9,9 %), où l’hémorragie pourrait malheureusement continuer. Par ailleurs, il semble à première vue que le millésime 2007 soit moins favorable que le précédent sur ce plan : ainsi, entre fin septembre 2006 et fin septembre 2007 le chômage a-t-il connu dans le département un recul légèrement moindre (- 7,4 %) que la moyenne hexagonale (- 9 %).
Le bâtiment constitue un autre indice pertinent de l’activité économique. Sur ce plan, la Gironde continue de peser lourd dans l’économie de la construction. Elle occupait ainsi le troisième rang français (derrière les Bouches-du-Rhône et le Rhône) pour le nombre de permis de construire validés entre début août et fin octobre 2007. A titre de comparaison, le nombre de logements ainsi autorisés dans le département représentait le tiers des permis de construire accordés sur l’ensemble de l’Ile de la France, et plus du double du chiffre de la Lorraine. Des chiffres qui attestent entre autres de l’attractivité de notre département, dont le solde migratoire est largement positif.
B. B.