La gare Saint-Jean accueille plus de 8 millions de voyageurs par an,dans des conditions d’accessibilité qui laissent parfois à désirer. Lorsque le TGV arrivera à Bordeaux en 2013, le flux pourrait doubler. Pour éviter la thrombose, la SNCF et la CUB ont décidé de lancer un ensemble de travaux, dont une bonne partie pourrait être bouclée au printemps 2009. Le programme d’aménagement concerne d’une part les voitures : l’arrêt-minute censé permettre l’embarquement et le débarquement rapide des passagers est aujourd’hui saturé. La CUB va en augmenter sensiblement la capacité, en le doublant, dans le premier niveau du parking souterrain. Ainsi réparti sur deux hauteurs, il offrira 150 places. On y pénétrera par une barrière où sera délivré un ticket horodateur, le stationnement devenant payant au bout de 10 mn. Les accès à ce stationnement express et au parking souterrain vont être améliorés par la création de plusieurs trémies, selon un dispositif de circulation modifié. Côté Belcier, la SNCF a pour sa part l’intention de créer un parking en silos sur plusieurs niveaux.
Mats et pavés. Les transports en commun, qui pèsent de plus en plus lourd dans les modes d’accès au rail, occupent une place centrale dans le nouveau dispositif. D’une part, face à l’ancien hôtel Terminus, le cabinet d’architectes BLP a décidé de créer un auvent plus de 400 m2 afin d’abriter les passagers du tramway et des quatre lignes de bus. D’autre part, au Sud de la gare, l’espace laissé libre par le déménagement de la SERNAM permettra d’aménager une gare routière : outre la zone de retournement des autobus urbains, cette zone accueillera le terminus des autocars interurbains et de la navette pour l’aéroport. Un nouveau bâtiment, perpendiculaire à l’extrémité de la gare, sera érigé dans ce secteur. Il abritera entre autres les locaux techniques des exploitants des lignes d’autobus, un espace de repos pour les conducteurs et un garage à vélos.
Au-delà de tous ces aménagements fonctionnels, le programme de la CUB vise aussi à améliorer l’attractivité des espaces publics, qui en ont bien besoin : un camaïeu de pavé adoucira l’aspect du parvis sur lequel seront érigés 18 grands mâts d’éclairage, pendant des piliers qui soutiennent le hall.
Dix ans de travaux. Enfin, la SNCF va donner un coup de jeune à l’intérieur du bâtiment : une galerie de circulation parallèle au quai sud sera créée, le système d’accès au sous-sol sera revu avec notamment l’installation d’ascenseurs, tandis que l’escalator situé à l’extérieur de la gare disparaîtra. L’ancien salon d’honneur, aujourd’hui désaffecté, sera transformé en salon d’attente. Par ailleurs, les espaces de ventes seront valorisés et agrandis en deux étapes. Tout en préparant l’arrivée du TGV, les travaux qui commencent constituent en quelque sorte les hors d’oeuvre de l’immense chantier de réaménagement du quartier Belcier, qui risque pour sa part de s’étaler sur une décennie, sinon plus.
Bernard Broustet
A savoir
Coût. Début 2006, le coût prévisionnel du chantier était de 16,8M€ . La CUB et les fonds européens FEDER doivent en prendre chacun un quart, le reste se répartissant entre la Région, le Département (19,4 % chacun) et la SNCF (10,83 %).
Réalisation. Pour la partie CUB, la maîtrise d’oeuvre est confiée au cabinet bordelais Brochet-Lajus-Puyeo. François Durquety est le chef de projet.
Pour la partie SNCF, la maîtrise d’ouvrage est assurée par la direction des gares et de l’escale, la maîtrise d’oeuvre par la direction de l’architecture, de l’aménagement et des bâtiments.